Porsche GT en montagne
Le Garage

GT Alpine : 800 km sur la

Route des Grandes Alpes

L

Léo

1er février 2026 · 9 min de lecture

Col du Galibier, Izoard, Bonette — récit d'une traversée mécanique en Porsche 911 GT3 Touring sur la Route des Grandes Alpes. 800 kilomètres de lacets, de tunnels de pierre et de lumière alpine. Le genre de voyage qui se fait en première, en seconde et en troisième.

Thonon-les-Bains, six heures du matin. Le lac Léman est un miroir gris. La 911 GT3 Touring est garée devant l'hôtel, sa silhouette reconnaissable entre mille — cette ligne de toit qui plonge, cet aileron absent (c'est la version Touring, la discrète), ces jantes forgées qui attendent la route comme un sprinter attend le coup de pistolet. Le compteur affiche 4 800 km. Dans trois jours, il en affichera 5 600.

Le Galibier : la mise en bouche

La Route des Grandes Alpes, c'est seize cols entre le Léman et la Méditerranée. Seize ascensions. Seize descentes. Seize raisons de comprendre pourquoi le flat-six atmosphérique de la GT3 est le meilleur moteur jamais conçu pour la montagne.

Route de montagne sinueuse dans les Alpes
Les lacets du Galibier, 2 642 mètres d'altitude

Le Galibier, premier col sérieux du parcours, se prend par le sud depuis Valloire. La route est étroite, bordée de précipices que les barrières en béton rendent presque rassurants. En seconde, le flat-six chante à 5 000 tours — ce son unique, entre le rugissement et le hurlement, qui résonne contre les parois rocheuses et revient en écho. On négocie chaque virage au frein moteur, on sent la boîte mécanique s'enclencher avec cette précision suisse qui est la signature de Porsche.

Au sommet, 2 642 mètres. Le vent est glacial, même en été. On coupe le moteur. Le silence, après le vacarme du flat-six, est assourdissant. Un panneau indique : « Ici ont souffert Coppi, Bobet, Merckx. » Nous n'avons pas souffert. Mais nous avons compris.

L'Izoard : le col des photographes

Si le Galibier est un athlète, l'Izoard est un artiste. Son versant sud, la fameuse Casse Déserte, est un paysage lunaire de cheminées de fée et de roche blonde qui semble appartenir à un autre continent. La route y serpente avec une élégance presque chorégraphique, chaque virage révélant une nouvelle perspective, un nouveau cadrage.

« Il y a des routes que l'on parcourt. Et il y a des routes qui vous parcourent. L'Izoard appartient à la seconde catégorie. »

La GT3 Touring, dans cet environnement, révèle sa vraie nature. Ce n'est pas une voiture de circuit déguisée en GT — c'est une GT qui a le cœur d'une voiture de circuit. La suspension, ferme mais jamais brutale, absorbe les imperfections de l'asphalte alpin. La direction, d'une précision chirurgicale, communique chaque grain de bitume. On ne conduit pas cette voiture : on converse avec elle.

La Bonette : le toit du voyage

Le col de la Bonette, 2 802 mètres — le plus haut col routier d'Europe, si l'on compte la boucle sommitale. L'ascension depuis Jausiers est un exercice de patience et de concentration. Vingt-quatre kilomètres de montée continue, avec des passages à 10 % où le flat-six retrouve les bas régimes et cette sonorité rauque, presque animale, des 4 000 tours en troisième.

Au sommet, le monde est rond. On voit la Méditerranée par temps clair, dit-on. Nous ne la voyons pas — les nuages sont trop bas — mais nous voyons les vallées s'ouvrir dans toutes les directions comme les branches d'une étoile, et c'est suffisant. Le moteur tourne au ralenti. Le compteur de température d'huile, que l'on a surveillé pendant toute l'ascension, redescend lentement. Tout va bien.

Nice : l'arrivée

La descente vers Nice est un dénouement cinématographique. Les Alpes s'adoucissent, les pins remplacent les mélèzes, l'air se réchauffe. On traverse des villages provençaux endormis, des gorges rouges, des oliveraies. La GT3, après 800 km de cols, ronronne avec la satisfaction du devoir accompli.

Sur la Promenade des Anglais, le moteur tourne au ralenti dans le trafic estival. Un passant s'arrête, regarde la voiture, sourit. Il ne sait pas d'où elle vient. Il ne sait pas quels cols elle a franchis, quels virages elle a négociés, quels paysages elle a traversés. Mais il entend le flat-six. Et le flat-six lui dit tout.

Carnet de route

L'itinéraire

Thonon-les-Bains → Nice, en 3 jours. Étapes recommandées : Valloire (nuit 1), Barcelonnette (nuit 2). Compter 800 km et 16 cols.

La voiture

Porsche 911 GT3 Touring (992). Boîte mécanique 6 rapports. Le choix de la boîte manuelle est non négociable : en montagne, le levier de vitesse est le prolongement du paysage.

La meilleure période

Fin juin à mi-septembre. Certains cols ferment dès les premières neiges d'octobre. Vérifier l'ouverture de la Bonette avant de partir.

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